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La toile de l’un
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Tablette

 

À l’ombre du figuier
Je t’offre
une page blanche
pour dessiner tes rêves
un bon pour
des jours meilleurs
en échange
de ta collection
de Pokémon

Un soupçon de folie
à partager
trois grammes de poésie
contre tes vignettes Panini

Un nuage vagabond
à la place de
ta fameuse déesse

Et du vrai chocolat
qui te fait des moustaches
en échange
de ta tablette


Jean-Claude Touzeil
Les tweets du pinson et autres aléatoires
Dessins d’Yves Barré
© Gros Textes, 2018

 

 

 



UN VŒU

Devant l’épicerie
je regarde une flaque
et la trouve bien seule

un moineau serait content
d’y tremper son bec
puis sa tête et son corps
tout entier

oui, c’est le vœu que je forme
pour la flaque, le moineau, l’épicier
et pour tout habitant de ce siècle :

une vie avant la mort.

 

Chaque intant qui vient est un cœur à prendre
Christophe Jubien
Éditions Gros Textes, 2018
ISBN 978-2-35082-366-9
6,00 €

Certains font feu de tout bois. Christophe Jubien fait miel de toutes choses. Sa relation aux êtres, ceux qui lui sont chers et ceux aussi qu’il côtoie ou rencontre, est marquée par un rapport au temps où la lenteur, la langueur parfois, trouvent place dans une mélancolie… positive. Là où d’autres passeraient sans rien voir ni entendre, Christophe Jubien accueille et magnifie ce qui fait sens dans l’insignifiant. En filigrane, trois présences intimement liées et qui constituent la trame du poète : la mère, le père, et sa propre enfance. Au fil des poèmes, on s’émerveille de voir l’instant s’ouvrir sur l’éternité, l’unique sur l’universel, prenant mesure d’homme.

 

Alain Boudet

Une image : le murmure des murs…
Article mis en ligne le 22 mars 2018
par Alain BOUDET par

Voici une photo prise à Carnac, en Bretagne.
En cliquant sur l’image en bas de page, vous l’afficherez en grand sur votre écran.

Une petite contrainte : trois mots à placer : cri, mur, couleur(s).

Envoyez vos textes à La Toile de l’Un.
Ils seront lus, et certains trouveront leur place sur cette page…
Certains des textes sont le fruit d’un travail d’atelier d’écriture mené par Marilyse Leroux.



Le murmure des murs…

 

 


La porte est close sur ses secrets
Le jardin reste immobile
dans la fraîcheur du soir
Les arbres projettent leur couleur pourpre
sur les murs de la maison
La terre fraîchement retournée
retient quelques arbustes
dont l’or des feuillages
éclate dans la pénombre
Des roses blanches fatiguées
s’appuient contre la façade
dernier éclat de lumière
sur un décor mélancolique et flamboyant à la fois
Cris de douleur d’un peintre
au cœur déchiré ?
Larmes de sang d’une maison
au bonheur disparu ?
La porte reste close sur ses secrets.
 
© Blanche Bourdier


Embarras / embrouillaminis / vomissures

Lavis / Jets / Éclaboussures
Cris inaudibles fracassés sur un mur
La porte ne s’ouvrira pas
Insensible aux assauts aux injures
Diluée derrière les couleurs / les griffures
Le refus / l’impensé / la souillure.
 
 
© Brigitte Raoult

 

Elle est partie
Sans un mot
Sans un bruit
Elle a fermé la porte
Sur ses espoirs déçus
Et la pluie a brouillé
Sur le mur de crépi
Les couleurs déposées
Comme un ultime cri.
 
© Chantal Plaine


On laisse des portes
derrière soi
barrées de cris
couturées de cicatrices

Parfois en surimpression
les couleurs dégoulinent encore
sur ce qui fut vécu

Alors on reste là
à regarder les murs
à l’affût de quelque chose
que l’on ne saurait dire.

© Marilyse Leroux


Comme seule armure
Contre le gris des cris
Ma palette murmure
Ses couleurs, écrit
Sur le mur l’essentiel
De paroles arc-en-ciel

© Mireille Sepaser


Contre les murs
c’est toujours
l’espoir
aux mille couleurs
qu’on fusille
dans un cri
éclatant l’espace
de sa force.

© Jean-Noël Guéno


Seront-ils lus ?
seront-ils mûrs nos poèmes ?
La couleur a débordé
entre ciel et terre...
Et le rosier lance
sa hampe vert-de-cri.
Voici nos traces
de main, de faim, de rêves...
C’est le printemps qui danse
sur nos murs mitoyens !


© Isabel Asunsolo


Tes doigts encrent les murs de ton enfance
tu malaxes tu façonnes tu jettes tu harmonises
les couleurs de tes espérances
Que ton cri d’allégresse jaillisse !


© Mylène Joubert


Tu n’as jamais quitté ce hameau
dont tu as perdu le nom.
Les pluies ont-elles effacé le cœur et
son cri gravés au mur de pierres ?
La mémoire fane les couleurs des printemps anciens,
les visages en allés
et la résonnance des pas qui s’éloignent

© Gérard Cousin




Au-dedans de leurs murs
Les jardins se retranchent
Se croyant à l’abri
Des cris et des murmures.
Un seul d’entre eux,
Avec un surplus d’ardeur,
offre ses couleurs
à la joie des marcheurs.

© Cécile Gagnon


À travers le mur
crayonné de couleurs,
je crois entendre
le cri des enfants en liesse.

Derrière le mur bariolé,
barbouillé de mille fleurs,
derrière la porte de bois,
je crois entendre
la rumeur de la mer
emprisonnée

et l’allégresse
des gamins joyeux
qui chantent en choeur,
qui parfois chuchotent.

Leur murmure de joie
effleure la voix
rauque et triste
de mon coeur emmuré
de pierre ou de pleurs.

© Alix Lerman Enriquez


et s’il avait tellement plu
que l’arc-en-ciel aurait fini
par perdre ses couleurs

et s’il avait coulé lentement
sans un mot sans un cri
sur un mur et sur une porte

et si la porte s’ouvrait enfin
sur de nouveaux horizons
et que les fleurs juste à côté
en pleurent de jalousie…

© Georges Cathalo





Tableau dernier cri :
« Au bonheur des randonneurs ».

Le printemps a repeint
Le vieux mur délabré
Aux couleurs des beaux jours.

© Viviane Rouquayrol




En voulant faire le mur
un kaléïdoscope a perdu ses couleurs
au cri de "Tonnerre de Brest !".

© Christine Berge


Couleurs en pagaille sur mur lisse et tranquille,
Teintes chamarrées, puissance de la pierre, comme les deux faces d’une même
Réalité. Une façade pour mieux
Dire et sentir...
À l’aune d’une forteresse, tout est-il
Noir ou blanc ? Ou les tons éphémères et
Volatils trouvent-ils quelque subtil
Terreau ? Devant la fresque libertaire l’amoureux
Transi s’évade en mille pensées et sourit en son
Intimité. L’amoureuse craintive, sans dire mot,
Serre son bras sous celui de son
Autre. Les passants impatients soupirent ou
Pressent le pas, paix à leurs âmes
Ennuyées... Suffirait-il d’un cri
Poussé, à l’improviste, pour que les
Couleurs dégoulinent et se mélangent,
Subreptices ? Malice
Vitale de la juxtaposition des temps et des
Teintes.

© Emilie Voillot


Un chemin

de ceux qui ne
mènent nulle part

Chemin improbable
rêvé

Soudain
le mur

devant

Avalanche
de couleurs

Une porte
discrète
qui n’ose dire
son nom

La pousser
pour entrer dans un lieu
sans cri

Murmures des couloirs

Un jardin, un autre
celui de Minuit

En plein jour

Là où le temps
s’est suspendu

© Marianne Girault

 

 

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Article mis en ligne le 8 mai 2018
Article mis en ligne le 8 mai 2018
Article mis en ligne le 1er mai 2018
dernière modification le 9 mars 2018

Victor Ozbolt est né en 1981 en région parisienne où il réside. Il est professeur des écoles dans une école labellisée école en poésie. Il participe au Journal à Sajat, à la lettre des poètes en Berry, ainsi qu’à des concours. Il a également participé à la revue le coin de table de la maison de poésie. En 2014, il a obtenu le prix Thierry Sajat au concours d’Europoésie et l’édition de son recueil Sur mon hamac de nuages.

Article mis en ligne le 15 avril 2018
dernière modification le 11 mars 2018
Article mis en ligne le 15 avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 11 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 6 mars 2018

Guillaume Dreidemie est né en 1993, à Lyon. Après des études de philosophie, il enseigne actuellement cette discipline en lycée. C’est un fervent lecteur d’Apollinaire, Verlaine, Laforgue, Corbière. Quelques-uns de ses textes ont été publiés dans les revues Recours au poème, Incertain regard, Traction-brabant, 17secondes, temporel, Traversées, Phoenix, Comme en poésie, Concerto pour marées et silence, Vocatif, Infusion, Portique, Lichen, Soliflore, Libelle et Florilège. D’autres sont à paraître dans la revue Verso.

Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 29 mars 2018
dernière modification le 4 avril 2018

Dans le cadre du Printemps des Poètes 2018, la Suze-sur-Sarthe a mis en place des "Rencontres Plurielles" qui ont permis aux publics scolaires de 42 classes de rencontrer des poètes et des professionnels du livre de poésie. Par centaines, enfants et adultes ont retrouvé ces professionnels au "Salon des livres de poésie et de ceux qui les font" le 24 mars de 10 heures à 22 heures…


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