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La toile de l’un
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Lettre d’une mère

Va dans le vaste monde, mon cher enfant,
Va vers une vie libre !
Tant que le vent souffle en poupe.

Va vers la vaste mer, mon cher enfant,
Va vers le monde libre !
Tant qu’il ne fait pas encore noir
Et que le crépuscule ne rougit pas le ciel.

Lorsque les ombres s’effaceront,
Que l’aigle de mer sera retourné à son nid,
Que le vent soufflera vers la terre
Et que le timonier sera sans boussole,
Alors tu pourras revenir vers moi !

Reviens alors, mon cher enfant,
Reviens de l’autre côté de la nuit !
Et lorsque ton navire sera près du rivage,
Alors nous parlerons
De l’amour et de ta vie demain matin.

Asrul Sani (Indonésie)
200 poèmes indonésiens
mis en français par Louis -Charles Damais
Adrien-Maisonneuve

 

 



Peur du noir ?
Tends la main et ouvre l’œil.
Non, pas celui-ci !
Pas celui-là non plus, voyons !
Tu fais exprès ? L’autre !

Transparêtre
Anne Pastor-Cadou
Peintures de Danielle Filâtre
Éditions Soc & Foc, 2018
ISBN 979-10-95089-14-8
15,00 €

"Transparêtre" n’est pas transparaître. Pas vraiment. Avec les mots de ce livre, on n’est pas dans le fluide. Il y a de l’épaisseur, de la matière de langage. De la chair même tant le corps est présent avec ses muscles, son sang, ses humeurs. Le langage est un peu ce qui extirpe d’un magma, d’une gangue matricielle. Un mouvement de ce qui pèse vers ce qui libère. un immense désir de rencontre "qui ne va pas de soi".

L’auteur est sensible aux mots. Hypersensible même, avec peut-être ce qu’il y a de douloureux dans ce vocable. Mais l’écriture est la seule voie pour sortir de soi. La seule voix. D’"ancre" à "encre", d’"écrire" à s’"écrier", la poésie, prose ou vers, déleste, allège, désencombre. Tous ces mots que l’auteur nous livre, toutes ces images décalées : "Je sourds et tu m’entends déjà" ; "Tends bien l’orteil / Ton passage bourdonne d’enracinements séculaires…" 

Autant de chemins pour dire Tu à Toi… et cheminer ensemble.

 

Alain Boudet

Une image : le murmure des murs…
Article mis en ligne le 22 mars 2018
par Alain BOUDET par

Allez… tâchons de débusquer l’ardeur…
Voici une photo prise à Carnac, en Bretagne.
En cliquant sur l’image en bas de page, vous l’afficherez en grand sur votre écran.

Une petite contrainte : trois mots à placer : cri, mur, couleur(s).

Envoyez vos textes à La Toile de l’Un.
Ils seront lus, et certains trouveront leur place sur cette page…



Le murmure des murs…

 


On laisse des portes
derrière soi
barrées de cris
couturées de cicatrices

Parfois en surimpression
les couleurs dégoulinent encore
sur ce qui fut vécu

Alors on reste là
à regarder les murs
à l’affût de quelque chose
que l’on ne saurait dire.

© Marilyse Leroux


Comme seule armure
Contre le gris des cris
Ma palette murmure
Ses couleurs, écrit
Sur le mur l’essentiel
De paroles arc-en-ciel

© Mireille Sepaser


Contre les murs
c’est toujours
l’espoir
aux mille couleurs
qu’on fusille
dans un cri
éclatant l’espace
de sa force.

© Jean-Noël Guéno


Seront-ils lus ?
seront-ils mûrs nos poèmes ?
La couleur a débordé
entre ciel et terre...
Et le rosier lance
sa hampe vert-de-cri.
Voici nos traces
de main, de faim, de rêves...
C’est le printemps qui danse
sur nos murs mitoyens !


© Isabel Asunsolo


Tes doigts encrent les murs de ton enfance
tu malaxes tu façonnes tu jettes tu harmonises
les couleurs de tes espérances
Que ton cri d’allégresse jaillisse !


© Mylène Joubert


Tu n’as jamais quitté ce hameau
dont tu as perdu le nom.
Les pluies ont-elles effacé le cœur et
son cri gravés au mur de pierres ?
La mémoire fane les couleurs des printemps anciens,
les visages en allés
et la résonnance des pas qui s’éloignent

© Gérard Cousin




Au-dedans de leurs murs
Les jardins se retranchent
Se croyant à l’abri
Des cris et des murmures.
Un seul d’entre eux,
Avec un surplus d’ardeur,
offre ses couleurs
à la joie des marcheurs.

© Cécile Gagnon


À travers le mur
crayonné de couleurs,
je crois entendre
le cri des enfants en liesse.

Derrière le mur bariolé,
barbouillé de mille fleurs,
derrière la porte de bois,
je crois entendre
la rumeur de la mer
emprisonnée

et l’allégresse
des gamins joyeux
qui chantent en choeur,
qui parfois chuchotent.

Leur murmure de joie
effleure la voix
rauque et triste
de mon coeur emmuré
de pierre ou de pleurs.

© Alix Lerman Enriquez


et s’il avait tellement plu
que l’arc-en-ciel aurait fini
par perdre ses couleurs

et s’il avait coulé lentement
sans un mot sans un cri
sur un mur et sur une porte

et si la porte s’ouvrait enfin
sur de nouveaux horizons
et que les fleurs juste à côté
en pleurent de jalousie…

© Georges Cathalo





Tableau dernier cri :
« Au bonheur des randonneurs ».

Le printemps a repeint
Le vieux mur délabré
Aux couleurs des beaux jours.

© Viviane Rouquayrol




En voulant faire le mur
un kaléïdoscope a perdu ses couleurs
au cri de "Tonnerre de Brest !".

© Christine Berge


Couleurs en pagaille sur mur lisse et tranquille,
Teintes chamarrées, puissance de la pierre, comme les deux faces d’une même
Réalité. Une façade pour mieux
Dire et sentir...
À l’aune d’une forteresse, tout est-il
Noir ou blanc ? Ou les tons éphémères et
Volatils trouvent-ils quelque subtil
Terreau ? Devant la fresque libertaire l’amoureux
Transi s’évade en mille pensées et sourit en son
Intimité. L’amoureuse craintive, sans dire mot,
Serre son bras sous celui de son
Autre. Les passants impatients soupirent ou
Pressent le pas, paix à leurs âmes
Ennuyées... Suffirait-il d’un cri
Poussé, à l’improviste, pour que les
Couleurs dégoulinent et se mélangent,
Subreptices ? Malice
Vitale de la juxtaposition des temps et des
Teintes.

© Emilie Voillot


Un chemin

de ceux qui ne
mènent nulle part

Chemin improbable
rêvé

Soudain
le mur

devant

Avalanche
de couleurs

Une porte
discrète
qui n’ose dire
son nom

La pousser
pour entrer dans un lieu
sans cri

Murmures des couloirs

Un jardin, un autre
celui de Minuit

En plein jour

Là où le temps
s’est suspendu

© Marianne Girault

 

 

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Article mis en ligne le 15 avril 2018
dernière modification le 11 mars 2018
Article mis en ligne le 15 avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 9 avril 2018
dernière modification le 11 avril 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 11 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 6 mars 2018

Guillaume Dreidemie est né en 1993, à Lyon. Après des études de philosophie, il enseigne actuellement cette discipline en lycée. C’est un fervent lecteur d’Apollinaire, Verlaine, Laforgue, Corbière. Quelques-uns de ses textes ont été publiés dans les revues Recours au poème, Incertain regard, Traction-brabant, 17secondes, temporel, Traversées, Phoenix, Comme en poésie, Concerto pour marées et silence, Vocatif, Infusion, Portique, Lichen, Soliflore, Libelle et Florilège. D’autres sont à paraître dans la revue Verso.

Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 11 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 1er avril 2018
dernière modification le 20 mars 2018
Article mis en ligne le 29 mars 2018
dernière modification le 4 avril 2018

Dans le cadre du Printemps des Poètes 2018, la Suze-sur-Sarthe a mis en place des "Rencontres Plurielles" qui ont permis aux publics scolaires de 42 classes de rencontrer des poètes et des professionnels du livre de poésie. Par centaines, enfants et adultes ont retrouvé ces professionnels au "Salon des livres de poésie et de ceux qui les font" le 24 mars de 10 heures à 22 heures…

Article mis en ligne le 22 mars 2018
dernière modification le 27 mars 2018

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