épi-poèmes
Article mis en ligne le 1er novembre 2020
dernière modification le 9 novembre 2020

par Alain BOUDET

Faut


Il faut au minimum
deux bras pour soulever la montagne
Autour,
si les oiseaux
se sont pas du même avis
ne voient pas d’un bon œil
le départ de leur lieu de jeux
et de villégiature
il vont, au minimum
criailler leur désaccord
piquer sous les deux bras levés
picorer le ventre, les pieds
du vandale voleur

E faire lâcher prise (…/…)

épi-poèmes
Martine Magtyar
dessins de Denis Parmain
Donner à Voir, 2020
ISBN 978-2-900012-08-6
5,00 €

Un épi est la partie terminale de certaines graminées aux graines serrées. Dans ce recueil, les mots sont les graines qui vont s’assembler pour faire naître des poèmes. Et Martine Magtyar sème à tout vent pour que chaque lecteur fasse sa propre moisson. Poèmes pour être vivant ou se sentir vivant dans ce temps où la mort rôde. Et le vivant, c’est l’humain, c’est l’arbre, c’est l’animal, c’est la pierre. Mais aussi le poème et tous les paysages intérieurs et extérieurs où chante la beauté. On peut ouvrir un sac mystérieux où se loge le mot RESPECT. Le mot liberté est aussi vital, impliquant la rébellion (comme l’épi dans le cheveux) afin de ne pas nous laisser enfermer dans l’inhumanité. Les dessins de Denis Parmain donnent surprise et singularité à tous ces épis offerts. épi-poèmes s’inscrit dans la collection Tango de l’édition Donner à voir. C’est un livre accordéon avec 11 pages encartées sur papier rustique. Petit livre à glisser dans sa poche ou à semer …dans d’autres terreaux.

Note de lecture pour Portulan bleu N°34-35

Jacqueline Persini