Poésie africaine
Article mis en ligne le 8 décembre 2021

par Michel Foucault
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.
 

Poésie africaine
Anthologie
Six poètes d’Afrique francophone
Choix et présentation par Alain Mabanckou
Éditions Points, février 2009
ISBN : 978.2.7578.1688.2
6,90 €

Dirigé et présenté par Alain Mabanckou, ce volume réunit six poètes majeurs de l’Afrique francophone. Six voix incontournables de la poésie africaine du XXe siècle : Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Birago Diop (Sénégal), Jacques Rabemananjara (Madagascar), Bernard B. Dadié (Côte d’Ivoire), Tchicaya U Tam’Si (Congo) et Jean-Baptiste Tati Loutard (Congo).

Poètes engagés, militants de la Négritude, ils chantent le traumatisme de l’esclavage et de la traite, les souffrances de la colonisation, les illusions et les désillusions de l’indépendance de leur pays, les douleurs de l’exil et de l’immigration.

La puissance des poèmes réside dans les mots qui métamorphosent les larmes de souffrance, les « plaintes basses », les pleurs d’« un rêve en allé », « le deuil des Tropiques dans les contrées du Nord », le « boulet trop lourd » de la lassitude en des chants d’amour. Ces chants puisent leurs racines dans celles du baobab natal, retrouvent le « Souffle des ancêtres » et clament la beauté (d’une femme aimée ou d’une terre abandonnée).

Les mots des poètes sont là pour garder « L’ESPOIR / de redonner force / à toutes les mains mortes » et ne pas céder au désespoir.

Michel Foucault