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Gaza…

Nathalie Handal, poète palestinienne qui vit aux États-Unis vient d’envoyer à ses amis des Parvis Poétiques 8 poèmes de Gaza, où elle s’est trouvée enfermée par les événements…
Ecrits en anglais, nous vous en présentons une traduction (avec son accord après lecture) que nous espérons la plus fidèle possible.
Il s’agit d’une Petite Pierre Poétique Pour la Paix : la seule que, d’ici, les poètes peuvent tenter de poser sur les terres en flammes…
Traduction des poèmes : Patricia Nichols et Marc Delouze, en accord avec l’auteur.

Article mis en ligne le 8 août 2014

par Alain BOUDET
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The Voices and Faces of Palestine - Summer 2014 
Voix et visages de Palestine – été 2014

Confessions at Midrange

My heart has telescopes
my eyes have invisible streets
my portrait is of a nation
with a hundred square feet of clouds—
maybe god is a country
my eyes can’t see.

 

Confessions à mi-chemin

Dans mon cœur des télescopes
dans mes yeux des rues invisibles
mon portrait est celui d’une nation
sous trente mètres carrés de nuages –
dieu est peut-être un pays
que mes yeux ne peuvent voir.

 

Turka

They ask me who I am,
they ask me where I’m from—
how do I explain
from where Jesus is born
except I’m not allowed
to reach his church
 
Who am I if I can’t be
with my olive groves
who am I
if I can’t find Mohammed
in my prayers
can’t reach Jesus

I am from the Teqoa
and the Dead Sea
from Bethlehem
and Jerusalem—
Dar Handal,
we grow everywhere here,
Dar Talamas,
our ancestors were translators,
so I translate this for you—
I am who I’ve always been
and behind my prayers
are windows
with a city
of endless verbs.

 

Turka

Ils me demandent qui je suis
ils me demandent d’où je viens _
comment expliquer
d’où Jésus est né
sauf que je n’ai pas le droit
d’aller dans son église

Qui suis-je si je ne puis
demeurer près de mes oliviers
qui suis-je
si je ne puis retrouver Mohammed
dans mes prières
ne puis atteindre Jésus

Je viens du Teqoa
et de la Mer Morte
de Bethléem
et de Jérusalem -
Dar Handal
nous avons grandi partout ici
Dar Talamas,
nos ancêtres étaient des traducteurs
aussi je vous traduis ceci -
je suis qui j’ai toujours été
et derrière mes prières
il y a des fenêtres
avec une ville
aux verbes infinis.

Country

The radio was stuck
between two stations
when you told me
you sold
the only thing that
mattered to you.
I said nothing.
We’d been together for years
and I had no idea what you sold
nor what was playing
along the long blue sky
we both insisted was ours.

 

Pays

La radio était bloquée
entre deux stations
quand tu m’as dit
que tu avais vendu
la seule chose qui
t’était chère.
Je n’ai rien dit.
Nous avons vécu des années ensemble
et je n’avais aucune idée de ce que tu avais vendu
ni de ce qui se jouait
au long du long ciel bleu
que nous persistions tous deux à dire nôtre.

Gaza

Once in a tiny strip
dark holes swallowed hearts
and one child told another
withdraw your breath
whenever the night wind
is no longer a land of dreams

 

Gaza

C’était dans une étroite bande
où des trous noirs engloutissaient les cœurs
un enfant dit à un autre enfant
retiens ta respiration
lorsque le vent nocturne
n’est plus dès lors une terre de rêves

The Gazans

I died before I lived
I lived once in a grave
now I’m told it’s not big enough
to hold all of my deaths

 

Les Gazaouis

Je suis mort avant de vivre
J’ai vécu une fois dans une tombe
maintenant on me dit qu’elle n’est pas
assez grande
pour contenir tous mes morts

Tiny Feet

A mother looks at another—
a sea of small bodies
burnt or decapitated
around them—
and asks,

How do we mourn this ?

 

Tout petits pieds

Une mère regarde une autre mère -
un océan de petits corps
brûlés ou décapités
tout autour d’elles –
et interroge,
Comment pleurer cela ?

 



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