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. Bâtir un projet poésie

Comment élaborer un projet cohérent de pratique de poésie en classe ?

Article mis en ligne le 5 mars 2017
dernière modification le 7 mars 2017

par Alain BOUDET
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Quels objectifs ?

Bâtir un projet en poésie pour une classe, un cycle, une école (ou plusieurs), c’est bien sûr se poser d’abord la question des objectifs.
Il me semble que tout projet poésie élaboré pour des scolaires doit viser une réelle et vivante pratique qui passe par trois chemins : l’écoute, la lecture et l’écriture. Et, selon moi, dans cet ordre.

Écouter de la poésie

Il est bon de rappeler que l’une des caractéristiques de la poésie, c’est son oralité première. Le premier média du poème, ce ne fut pas le papier ni le livre. Ce fut la voix. Et il est bon de permettre aux enfants au sein de la classe d’entendre des poèmes. 

Il ne s’agit pas de déclamer les textes. Ni de prendre une posture et une voix théatrales. Le poème peut le plus souvent être servi de manière sobre et sans effet inutile. Parfois, le poème suggère de lui-même une manière particulière de le dire : plutôt chuchoté, avec humour ou gravité, etc. Mais le plus souvent, la voix habituelle du lecteur suffira. 

Il s’agira cependant de ne pas oublier cette réalité : lire à haute voix, ce n’est pas lire tout haut pour les autres ce qu’on lisait tout bas pour soi-même. Il est nécessaire de mettre en œuvre quelques règles toutes simples de lecture à voix haute : un volume sonore qui permette d’être entendu (même si l’on chuchote le texte !), un débit plutôt lent que rapide (sauf si le texte exige la rapidité), la présence de silence dans le poème par des pauses.

Lire de la poésie

Ce qui précède ancre bien une pratique particulière de médiation : l’adulte offre, par sa lecture, le poème aux enfants (cela vaut d’ailleurs pour tous les publics). Et cette médiation ne vise qu’une chose : l’accueil par l’écoute. Il ne s’agit pas d’expliquer. Il s’agit d’offrir, gratuitement. C’est une lecture plaisir : celui de dire et celui d’entendre. On aura donc intérêt à multiplier ces occasions. Chaque jour, par exemple. Et même à les ritualiser. Chaque matin, en manière de bonjour, par exemple. Ce qui importe, c’est la régularité de cette lecture…

Permettre aux enfants l’écoute des poèmes, c’est aussi une invitation à en lire eux-mêmes. Rien n’empêche que le poème lu par l’adulte soit affiché dans la classe de manière visible (plutôt devant qu’au fond de la classe), ou suspendu sur un fil qui traverse la classe en diagonale… Rien n’empêche non plus que l’ensemble des poèmes lus au cours de la semaine soit proposé sur une feuille aux enfants afin de leur permettre de les relire eux-mêmes et, pourquoi pas, d’en choisir un qui leur plaise pour des raisons qui leur sont personnelles et qu’ils n’ont pas nécessairement à expliciter : ce n’est pas le but. L’enfant pourra recopier le poème dans son cahier de poésie, par exemple.

L’image précédente est celle d’une feuille A4 rassemblant, orientés de manière différentes sur la page, plusieurs poèmes d’un même poète (ici, Guillevic dont on fête en 2017 à la fois l’anniversaire de la naissance et de la mort). On comprend aisément qu’il est possible à l’enseignant(e) de lire chaque jour un poème, et de donner aux enfants la feuille en fin de semaine, quand tous les textes ont été lus…

Plusieurs exemples de ces mini florilèges A4 sont proposés en fin de cet article au format pdf directement imprimable. L’enseignant(e) pourra tout à loisirs en réaliser d’autres à son gré. Et si plusieurs enseignant(e)s mettent leurs anthologies A4 en commun, ils et elles constituent… un trésor. Vive la mutualisation !

Écrire de la poésie

C’est souvent à cette activité que les enseignant(e)s pensent en bâtissant un projet poésie pour leur classe ou leur école. Mais on aura bien compris que ce n’est pas, selon moi, par là qu’il faut commencer. Vouloir d’emblée écrire des poèmes, c’est penser que cela est simple. Et cela ne l’est pas du tout. Pas plus que d’écrire un récit ou un documentaire.

La première approche d’écriture qui est mise en œuvre, c’est souvent l’écriture-imitation. L’écriture à la manière de… Pourquoi pas. René de Obaldia fait un tabac dans les classes avec son poème :


Charlotte
fait de la compote

Bertrand
suce des harengs

(…)

Avec, il faut bien le dire, plus ou moins de bonheur… 

L’écoute et la lecture des poètes permet de mettre en valeur des structures, la présence des images et du rythme qui sont constitutifs du poème et de la poésie. On pourra alors s’appuyer sur ces structures découvertes pour écrire. Les poèmes de Guillevic de l’exemple ci-dessus en donnent quelques exemples.

Enfin, même s’il est nécessaire avec les plus jeunes enfants de passer par une écriture collective, on gagnera à proposer aux enfants, dès que possible, une démarche individuelle d’écriture. En effet, l’aventure de l’écriture (c’en est une) est d’abord une aventure intime et donc, nécessairement, personnelle.

Parmi les ressources de la Toile de l’Un, cette page décline les étapes de toute démarche d’écriture avec des enfants, et cette page propose une démarche d’écriture en trois pistes autour d’un thème choisi une précédente année, pour le Printemps des Poètes : l’insurrection poétique.

D’autres propositions sont faites dans l’onglet "des ressources".

Enfin, vous trouverez ci-dessous des échos de pratiques de la poésie qui sont celles de collègues des cycles 2 et 3 et dont on peut s’inspirer très largement.

Alain Boudet

Lire et dire la poésie au cycle 2

Lire et dire la poésie au cycle 3

Écrire : pourquoi, quoi, comment ?

Écrire : combiner des mots

 

Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • guillevic.pdf
  • 106 ko / PDF
  • afrique_s_-2.pdf
  • 78.6 ko / PDF
  • papillon_s_.pdf
  • 134.7 ko / PDF


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