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Le poème du mois

Alors que partout en France, on se prépare à commémorer l’armistice de 1918 et la fin de cette guerre que l’on qualifia de "Grande", sans doute à cause du nombre de ses victimes, chaque jeudi de ce mois de novembre 2018, à 8 heures, vous pourrez lire ici un poème qui évoque la guerre, ses drames, et, enfin, la paix…

Article mis en ligne le 8 novembre 2018
dernière modification le 20 octobre 2018

par Alain BOUDET
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Gustave C., 25 ans

Chaque homme est un enfant. Que ne pouvons-nous être encore au temps de l’innocence. Je regarde mes camarades, sales et hirsutes, je les imagine en culotte courte, s’amusant à des jeux enfantins, aux billes ou à cache-cache peut-être. Il y a parmi eux les tristes et les gais, les timides, les rêveurs, les paresseux, les chefs de bande, les calmes ou les nerveux, ceux qui ne quittaient pas les jupons de leur mère. Qu’il soit cet enfant-ci ou cet enfant-là, appellera-t-il sa maman au moment de mourir ? Elle est la seule qui saura prendre son fils dans ses bras, elle seule saura le bercer. "Maman ! Maman !", pas une nuit où nous n’entendons cet appel d’amour éperdu. Chaque homme est un enfant et la mort, cette charognarde, l’oblige à se le rappeler. Nous sommes les obligés de la mort. Il y a dans ce départ une renaissance. Chaque oiseau n’a qu’un seul nid pour s’y endormir. Un seul. "Maman !".


Antoine P., 22 ans

La beauté ? Croire à la beauté des choses contient nécessairement une part d’innocence. La mienne s’est perdue dans cette implacable épouvante, celle où l’homme ne sait plus son or. À moins que l’on me prouve que cette guerre n’est qu’un horrible cauchemar, à moins que je me réveille dans une poignée de secondes, je ne croirais plus au chant d’un seul oiseau. Existe-t-il encore quelque part ? La beauté ? Y aura-t-il un seul enfant de l’avenir à savoir mon amour de la vie et mon rêve paisible ? La vie a un début, un milieu et une fin. Qui pourra imaginer un cercle amputé de son centre, une nuit déjà noire alors que vient de naître le jour ? Les traces de mon étoile pâle s’ajouteront-elles à la lumière vers laquelle se dirigeront les hommes des siècles à venir ? J’ai le froid seul. Qui donc me réchauffera ?


Patrick Bertrand
Un champ pour des grands-pères qui n’ont jamais été pépés
La Renarde Rouge, 2002 ©

 

Prochain poème, le 15 novembre.
Et ici, une bibliographie "Guerre et paix" dont les titres sont disponibles au Promenoir de poésie contemporaine à la Médiathèque Les Mots Passants, à La Suze (Sarthe).

 




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